Le Viagra fait quelque chose de très important – mais il est peu probable qu'il cause un mélanome, concluent les chercheurs
Médicaments contre la dysfonction érectile et risque de mélanome : une analyse socio-économique
Une étude approfondie menée par des chercheurs du NYU Langone Medical Center et de son Laura and Isaac Perlmutter Cancer Center a examiné les dossiers médicaux de plus de 20 000 hommes, majoritairement blancs. Les résultats indiquent que l’augmentation observée du risque de mélanome malin chez les utilisateurs de médicaments contre la dysfonction érectile est probablement liée à des facteurs socio-économiques et de mode de vie, plutôt qu’à un lien causal direct.
Contexte de l’étude
L’analyse, publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), a été motivée par une recherche antérieure de 2014 qui suggérait un lien potentiel entre le Viagra et le mélanome. Cependant, les experts de NYU Langone ont cherché à clarifier cette association en examinant un échantillon plus large.
Stacy Loeb, MD, MSc, chercheuse principale et urologue à NYU Langone, explique : « Ce que montrent les résultats de notre étude, c’est que les groupes d’hommes qui sont plus susceptibles de contracter un mélanome malin comprennent ceux qui ont un revenu disponible et une éducation plus élevés – des hommes qui peuvent probablement aussi se permettre plus de vacances au soleil – et qui ont également les moyens d’acheter des médicaments contre la dysfonction érectile, qui sont très coûteux. »
Risques et sécurité des médicaments
Bien que les médicaments contre la dysfonction érectile, tels que les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5i), puissent entraîner une baisse de la pression artérielle lorsqu’ils sont combinés avec des nitrates, ils sont globalement considérés comme sûrs. Selon Loeb, professeur adjoint à NYU Langone et membre du Perlmutter Cancer Center, « nos résultats suggèrent que les médecins ne devraient pas s’inquiéter du fait que les médicaments provoquent un mélanome ».
Les médecins sont encouragés à continuer le dépistage du risque de mélanome chez les hommes, mais sans ajouter l’utilisation de ces médicaments à leurs critères de dépistage. Pour plus d’informations sur la sécurité des PDE5i, consultez les directives de la Food and Drug Administration (FDA).
Détails des résultats
Parmi les 20 235 hommes étudiés, 4 065 ont été diagnostiqués avec un mélanome malin entre 2006 et 2012. Sur ces cas :
- 2 148 avaient utilisé l’un des trois principaux médicaments : Viagra (sildénafil), Levitra (vardénafil) ou Cialis (tadalafil).
- Parmi eux, 435 ont développé un cancer de la peau.
Les chercheurs ont observé un risque statistique accru de 21 % pour le mélanome chez ceux ayant rempli au moins une prescription. Cependant, un examen plus approfondi n’a révélé aucune augmentation du risque avec un nombre plus élevé de prescriptions, ce qui contredit l’idée d’une relation dose-effet typique d’une cause directe.
Absence de corrélation avec les stades avancés
L’équipe de NYU Langone, en collaboration avec des collègues suédois, n’a trouvé aucune corrélation entre l’usage de ces médicaments et les stades plus avancés du mélanome. L’association n’était présente que pour les stades initiaux, affaiblissant davantage l’hypothèse d’un lien causal.
Comparaison avec d’autres cancers de la peau
Si les PDE5i étaient réellement responsables, les chercheurs s’attendaient à des risques différents pour d’autres types de cancer de la peau. Au lieu de cela, ils ont observé un risque similaire (19 % plus élevé) pour le carcinome basocellulaire, qui implique des voies biologiques distinctes de celles du mélanome et des PDE5i. Pour en savoir plus sur les types de cancer de la peau, référez-vous aux ressources de l’American Cancer Society.
Implications pour la santé publique
Cette étude met en lumière l’importance des facteurs socio-économiques dans le risque de mélanome, tels que l’exposition au soleil lors de vacances. Les hommes à revenu élevé, souvent plus éduqués, sont plus exposés à ces risques tout en ayant accès à des traitements coûteux comme les PDE5i.
En conclusion, les résultats renforcent la sécurité des médicaments contre la dysfonction érectile et soulignent la nécessité d’un dépistage général du mélanome, indépendamment de leur utilisation. Pour des conseils personnalisés, consultez un professionnel de santé ou visitez le site du Skin Cancer Foundation.

Pharmacien expérimenté avec une histoire démontrée de travail dans l’industrie pharmaceutique.