COVID-19: Peut-être que dire NON?
COVID-19 : Peut-être que dire NON ? Les précurseurs d’oxyde nitrique pour la prévention
Par Heath McAnally, MD, le 2 avril 2020
Je viens de soumettre un article d’hypothèse à The Lancet, appelant à un essai contrôlé randomisé prospectif multicentrique urgent sur la supplémentation en arginine et citrulline pour la prophylaxie pré et post-exposition contre le SARS-CoV-2, le virus responsable du COVID-19. Que cet article soit accepté ou non, je ressens le besoin de partager ces idées ici, pour un public potentiellement plus large. Attention : ceci ne constitue pas un avis médical, mais une hypothèse scientifique basée sur des données existantes. Consultez toujours un professionnel de santé avant toute supplémentation.
Contexte sur le COVID-19 et l’oxyde nitrique
Le COVID-19, causé par le SARS-CoV-2, a révélé des disparités notables dans les taux de mortalité et de gravité. Des recherches soulignent l’importance de l’oxyde nitrique (NO), une molécule clé dans la réponse immunitaire et vasculaire. Explorons les faits établis, soutenus par des études scientifiques.
Ce que nous savons sur le COVID-19 et l’oxyde nitrique
- Différences de genre dans la gravité du COVID-19 : Les femmes présentent souvent de meilleurs résultats que les hommes. Cela a été observé lors de l’épidémie de SRAS en 2003, où le sexe masculin augmentait la mortalité de 67 % selon une étude publiée dans Emerging Infectious Diseases. Des données récentes sur le COVID-19, issues de pays comme l’Italie et la Chine, confirment cette tendance, potentiellement liée aux œstrogènes qui boostent la production de NO, comme indiqué dans des recherches sur PubMed.
- Inhibition virale par l’oxyde nitrique : Des études en laboratoire sur le SRAS-CoV ont démontré que le NO réduit l’adhésion des protéines spike du virus au récepteur ACE2 et inhibe sa réplication. Une recherche clé, publiée dans Virology Journal, confirme ces effets antiviraux.
- Rôle des cellules souches et du NO : Huit essais cliniques en cours explorent les cellules souches pour traiter le COVID-19, avec un mécanisme impliquant le NO pour moduler l’hyperréactivité immunitaire. Consultez les détails sur ClinicalTrials.gov.
- Essais sur l’oxyde nitrique inhalé : Plusieurs essais évaluent le NO inhalé pour les formes avancées de la maladie respiratoire due au COVID-19, comme rapporté sur ClinicalTrials.gov.
Pourquoi ne pas administrer directement de l’oxyde nitrique ?
L’oxyde nitrique est un gaz, ce qui complique son administration. Des essais l’utilisent par inhalation pour les cas pulmonaires graves. Cependant, le NO est complexe : ses effets varient selon la concentration et le stade de la maladie. À fortes doses, il peut aggraver l’inflammation ou causer des problèmes cardiovasculaires, comme des chutes de tension artérielle, particulièrement chez les personnes avec comorbidités. Des études, telles que celles publiées dans Critical Care Medicine, mettent en garde contre ces risques.
Quant aux médicaments comme le sildénafil (Viagra) ou le tadalafil, qui augmentent le NO, ils agissent principalement sur des enzymes non liées à l’immunité et pourraient même supprimer des voies immunitaires clés, selon des recherches sur PubMed.
Une approche plus sûre : Les précurseurs comme l’arginine et la citrulline
Pour augmenter le NO de manière naturelle, un mode de vie sain avec exercice régulier est idéal, comme soutenu par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En période de crise, la supplémentation en arginine et citrulline – des acides aminés disponibles en vente libre – pourrait être une option. L’arginine est le précurseur direct du NO, et la citrulline l’améliore en augmentant son absorption. Des études, dont celles en immunonutrition pour la chirurgie, montrent que l’arginine renforce l’immunité et réduit les infections, comme détaillé dans une méta-analyse sur PubMed.
Environ 60 % du NO corporel provient de la citrulline. Personnellement, en tant qu’homme non préménopausé, j’ai opté pour 2 g d’arginine et 1,5 g de citrulline par jour, et je l’ai recommandé à mon entourage. Ceci n’est pas une recommandation générale : évaluez les risques avec un médecin, surtout en cas de problèmes cardiaques ou rénaux.
Appel à la recherche et précautions
Je plaide pour des recherches urgentes sur ces suppléments abordables et accessibles, potentiellement efficaces contre la réplication virale. Si vous envisagez cette approche, pesez les bénéfices et risques personnels. Évitez l’accumulation de stocks pour ne pas priver les autres.
Heath McAnally, MD, MSPH, est un anesthésiologiste certifié, spécialiste de la douleur et addictologue en Alaska. Il guide les patients vers une meilleure santé, forme des étudiants en médecine et écrit sur ces sujets. En dehors du travail, il pratique l’alpinisme.
Sources principales : Basé sur des données de The Lancet, PubMed, ClinicalTrials.gov et l’OMS. Cet article est informatif et non prescriptif.

Pharmacien expérimenté avec une histoire démontrée de travail dans l’industrie pharmaceutique.